Les Dictéefolies de Pornic
14 Mars 1999 - 15 heures



Corrigé de l'épreuve 1999

( les copies remises avant 17 h 30 sont considérées comme valables )

Eminent guide berbère pour une insigne mosquée ( signé Yasmina ).

1) Bonjour mon amie ! Que veux-tu mon amie. Quelles furent chaleureuses ces paroles de bienvenue dans l'unique petite épicerie d'un village de DJERBA la douce. Le propriétaire des lieux , un tunisien d'une vingtaine d'années djellaba ample , volante, poussée par le léger zéphyr du matin , coiffé d'une chéchia m'avait accueillie avec une sympathie surprenante . Aurais-tu dans ta caverne d'Ali-Baba où il y a tant de choses si riches et si inattendues un simple bloc à lettre(s) ou cahier pour que j'y écrive mes impressions . Mimique(s) navrée(s), mon nouvel ami m'a fait une proposition de remplacement. Ecoute mon amie, je n'ai pas ce que tu demandes, mais voilà, pour te faire plaisir, je vais te donner plusieurs pages de mon cahier de compte(s). J'étais armée pour noter bien des anecdotes d'un voyage dans le sud tunisien.

2) Nous aurions pu partir perchés(ées) sur le dos de dromadaire(s) en caravane et chercher l'aventure parmi les dunes du désert. Mais nos guides préféraient le confort d'un 4/ 4 . La sortie de Djerba, direction sud empruntait une longue digue artificielle. Le soleil pointait le nez et arrosait de ses rayons les palmiers et bosquets qui égaiyaient le paysage.

3) La vie commençait à se réanimer. Les femmes berbères sortaient de leur(s) maison(s) rudimentaire(s). Les poules et les coqs gambadaient et venaient quémander leur(s) ration(s) de graine(s). Quelques hommes, pioche(s) et pelle(s) sur le dos, chargeaient les bourricots (bourriquots) et partaient pour de menus travaux de jardinage.

4) Peu à peu apparaissaient les enfants. De toute évidence leur(s) maman(s) les avait préparés pour aller à l'école. Blouse(s) très colorée(s), sandales très aérées, cartable(s) porté(s) à bout de bras. Ils prenaient la direction du hameau qu'on apercevait dans le lointain. Qu'ils étaient admirables et joyeux, ces enfants ! Les filles se donnaient la main, deux par deux, riaient et même certaines chantaient. Dans ce coin de Tunisie, aucun racisme : souvent une petite Tunisienne blanche avec ses nattes volantes donnait la main à une autre Tunisienne noire aux cheveux crépus.

5) Rien à voir avec le petit écolier français. Là-bas les enfants ont l'habitude de marcher à pied pour aller apprendre à écrire et à lire l'arabe mais aussi le français. Parfois, on pouvait remarquer quelques femmes berbères, coiffées d'un voile aux couleurs éclatantes, tenant la main de leur fille avec beaucoup d'autorité pour l'amener à l'école. Quelques garçons, plus turbulents, couraient dans les collines et certains se lançaient dans des exercices de cross, cartable(s) au dos, une façon se détendre avant d'aborder une journée riche en enseignement.

6) Au fur et à mesure de notre progression vers le (S)sud la piste devenait caillouteuse. On pouvait apercevoir, parfois des femmes berbères affairées autour d'un puits, frappant du pied du linge qu'elles étaient en train de laver. Souvent, elles parcouraient plusieurs kilomètres pour atteindre ces points d'eau. Pas de fil(s) pour le séchage, les grands draps étaient étendus sur la rocaille. Par moment la piste serpentait à l'assaut d'une colline et un vaste panorama s'étalait sous nos yeux éblouis.

7) Peu à peu, on entrait dans l'univers des ksour, sorte de grenier(s) fortifié(s) dont l'unité architecturale est une forme de demi cylindre, la ghorfa. La végétation devenait de plus en plus rare. Parfois, derrière la colline pierreuse, on découvrait un douar fréquenté par des fellah(s) arasés.

8) Depuis un moment, j'assistais à une scène émouvante et répétitive ; à l'ombre d'un acacia, pieds nus, assises, des adolescentes tout en jetant un oeil sur leur(s) troupeau(x) de chèvres, lisaient avec une concentration incroyable un roman. Plusieurs fois, j'interrompis leur lecture et les ai interrogées sur celui qu'elles dévoraient. Surprise inattendue ! Les ouvrages appartenaient à la littérature française et parmi l'un d'eux , j'ai reconnu l'histoire d'Emma Bovary. Quelle grande leçon d'humilité pour les nantis que nous sommes.

9) On approchait du but de la promenade... Il faut abandonner le 4/4. Là vous voyez, là-haut, la mosquée, derrière le rudimentaire cimetière formé d'amas de pierre(s). C'est à pied qu'on va s'y rendre ! Quel étonnement dans ce havre de silence. A l'entrée du chemin caillouteux, une forme pyramidale recouverte d'un vaste burnous, barrait l'accès. Apparemment, il s'agissait d'un homme sommeillant, accroupi en tailleur, le haut de la capuche se soulèva. Une grande barbe, une peau blanche, des yeux bleus apparurent. Saroual serré par une ceinture, nu-pieds dans des babouches, c'était un berbère aux allures majestueuses. Tout de suite la glace à été rompue: Mesdames et Messieurs, c'est avec beaucoup de plaisir que je vais vous faire découvrir ma mosquée!

10) La conversion s'engagea, les propos étaient brillants, cet homme du bled connaissait la Sorbonne et utilisait l'imparfait du subjonctif. Tous les secrets du mihrâb, sorte de naos musulman, abrité dans la coupole qui coiffe la salle de la prière nous étaient dévoilés. Je ne pensais pas qu'un tel homme du désert fût si pertinent sous des apparences vestimentaires si frustes.

11) Ensuite, ce fut une descente vers un village troglodyte. Tajine, thé à la menthe, ce fut aussi l'occasion de découvrir de succulentes cornes de gazelle à la (t)Tunisienne. Direction TATAOUINE avec sa médina typique. Chacun a pu faire sa réserve de henné, khôl(kohol,koheul) pour les quelques gazelles que nous étions, mais aussi coriandre, cumin et autre safran pour de futures paella(s) ou grillades françaises.

12) Chevauchée(s) en 4/4 dans les dunes de sable, nous naviguions comme des fous dans cette mer de désert. Le retour fut épique, accélération(s) soudaine(s), dérapage(s) endiablé(s), nous n'imaginions pas que notre guide dût nous quitter si tôt tant sa hâte était évidente.

13 ) Retour au bord de la mer. Coup(s) de chapeau(x) aux pécheurs et leur(s) pittoresque(s) chalutier(s), les jetées archaïques parfaites protectrices du port nous rappelaient qu'un certain Barberouse sévissait autrefois dans les eaux troubles de la Méditerranée.

14) Impossible de revenir à DJERBA sans faire un petit passage à GHRIBA pour admirer la célèbre synagogue devenue un haut lieu du culte judaïque : Je viens à toi en quémandeur, je ne retournerai(s) pas déçu ( chant religieux de la Ghriba )

15 ) Il fallut quitter nos guides tunisiens si sympathiques ! Inch Allah ! Peut-être qu'un jour on les retrouvera.

Barème

Sont comptées comme des fautes entières
toute erreur de syntaxe, d'accord, de majuscule,
d'accent et de trait d'union.
On ne comptera qu'une faute par mot.
Tout mot oublié comptera une faute.

Dictionnaires de référence :
Le grand Robert
Le littré
Tél : 02 40 82 04 40