Je fais avant tout des bières accessibles. Il y a plusieurs façons d’aimer la bière. Certains consommateurs aiment simplement boire une bonne bière, agréable, bien faite. D’autres sont des passionnés très pointus, des “bières geeks”, qui recherchent des choses très expérimentales, avec des goûts improbables. Il y a des brasseries qui font ça très bien, mais ce n’est pas mon créneau. Moi, je fais des bières que j’aime boire, et que j’ai envie de partager avec le plus grand nombre. Des bières accessibles, mais avec parfois un petit twist, une touche qui change. Par exemple, j’ai travaillé une bière avec de la verveine citronnée. L’idée, c’est d’apporter quelque chose d’un peu différent, sans perdre l’équilibre. Pour mon IPA, c’est pareil. J’aime les IPA, mais pas quand elles sont trop amères. J’aime quand l’amertume reste moyenne, qu’elle s’étire en longueur, avec un côté agrumes. C’est comme ça que j’ai construit la mienne. Et puis il y a forcément la triple belge. Avec mon histoire, mon enfance près de la Belgique, je ne pouvais pas ne pas en faire une.
La régularité. Faire une bière, ce n’est pas seulement réussir une recette une fois. C’est réussir à refaire le même résultat, encore et encore. Quand on boit une bière, on se dit assez facilement : “j’aime” ou “je n’aime pas”. Mais on imagine rarement tout ce qu’il y a derrière. Les températures, les dosages, les temps, l’hygiène, les étapes… Tout compte. J’explique souvent que la distillation, pour le whisky ou le gin par exemple, c’est un peu comme de la cuisine. On a une certaine liberté. La brasserie, pour moi, c’est davantage de la pâtisserie. C’est précis, au gramme près, au degré près, au bon moment. C’est ce côté technique qui surprend souvent les gens.
Oui, je propose toujours des ateliers de brassage, en petit comité, avec trois personnes maximum. La particularité, c’est que les participants brassent avec mon matériel professionnel, sur une cuve de 500 litres. Ils ne viennent pas brasser sur une petite installation de 30 litres. Ils vivent une vraie journée de brasse professionnelle. Ils arrivent le matin, tout est prêt, mais rien n’est encore fait. Ils vont concasser le grain, manipuler les sacs, travailler avec le fourquet, participer aux différentes étapes : brassage, filtration, ébullition, refroidissement, puis mise en levure avant le départ en fermentation. C’est une vraie immersion. Ça dure de 8h30 à 14h environ, et les gens repartent souvent fatigués, mais contents. Ils découvrent vraiment ce qu’il y a derrière une bière artisanale. Et souvent, ils sont surpris par la précision du métier. Ils ne s’attendent pas à autant de technique, autant d’étapes, autant d’attention. Retrouvez toutes les dates des ateliers sur le compte Instagram de l'Ours Jack Brasse
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